le mag du piano


Nicolas Giacomelli

par Mathieu Papadiamandis

Nicolas Giacomelli ous venez de triompher au concours Piano Campus en remportant le 1er prix ainsi qu'un nombre impressionnant de prix spéciaux, dont celui de notre site. Pouvez-vous nous raconter comment vous avez vécu ces quelques jours.

Piano Campus a été une expérience magnifique pour moi. C’était la première fois que je participais à un concours de ce niveau. Je n’imaginais pas arriver en finale et gagner. Ma surprise a été totale.

En vidéo ci-dessous: Sonate op.22 de Schumann (1er mouvement) lors de la remise des prix. Nicolas Giacomelli (piano).

Piano Campus est-il différent des concours auxquels vous avez participé jusqu'à maintenant ?

Piano Campus est très différent. Il y règne un climat amical entre les participants grâce aux organisateurs, qui s’efforcent de nous réunir le plus possible. Cela détend considérablement l’atmosphère et nous met dans les meilleures conditions pour jouer.

L'étude n° 5 Arc-en-ciel de Ligeti était imposée à tous les candidats au premier tour. Ce n'est pas si courant, les concours demandent le plus souvent les études de Chopin, Liszt, Scriabin ou encore Debussy. Aviez-vous déjà joué du Ligeti ?

Non. La musique contemporaine ne m’attire pas trop car j’ai souvent du mal à saisir ce que le compositeur veut dire. J’avais cependant envisagé d’étudier les études de Ligeti car mon professeur de composition me le suggérait depuis un certain temps dans le but d’élargir et de diversifier mon répertoire. En travaillant Arc en ciel, j’en ai compris le sens et j’apprécie beaucoup ce compositeur.

Comment choisissez-vous votre programme pour un concours international ?

Pour un concours, je privilégie les pièces que je joue depuis longtemps, celles dans lesquelles je me sens le plus à l’aise. Je complète ce premier choix par des pièces que je suis en train de travailler. Dans le cas de Piano Campus, la Sonate op.22 de Schumann et la Sonate op.90 de Beethoven sont des œuvres que j’étudie depuis huit mois environ. Alors que j’ai commencé Mazeppa de Liszt, qui était au programme de ma finale, il y a seulement deux mois.

Lors de cette finale, précisément, vous avez créé le concerto de la compositrice grecque Lina Tonia Les Mondes Flottants commandé par le concours. Comment aborde t-on une œuvre que l'on reçoit quelques semaines avant de la jouer et qui vous est totalement inconnue ?

J’ai tout d’abord étudié le concerto sur le plan formel en lisant la partie de piano dans les moindres détails pour la comprendre le mieux possible. Dans un second temps, je l’ai analysé harmoniquement avec la partie orchestrale pour me faire une idée plus globale. Mon professeur de composition m’a beaucoup aidé à pénétrer l’univers de cette musique car le langage contemporain lui est familier. Ma rencontre avec Lina Tonia m’a ensuite permis de mieux comprendre la signification qu’elle voulait donner à son œuvre et à quels éléments elle accordait une importance majeure.

Vous avez 17 ans et êtes installé à Bologne. Quel a été votre parcours musical ?

J’ai débuté le piano à cinq ans, un peu par hasard, et l’ai étudié en cours privés jusqu’à l’âge de onze ans. Puis je suis rentré au conservatoire de Bologne, où j’ai suivi les cours de Florenta Barbalat et Francesco Dilaghi. J'y ai obtenu à seize ans mon diplôme avec les félicitations du jury. Parallèlement à mes cours au conservatoire, j’ai intégré l’année suivante l’Académie d’Imola auprès du professeur ukrainien Leonid Margarius.

Vous étudiez également la composition au conservatoire de Bologne. Envisagez-vous de composer dans le futur ?

En premier lieu, je suis ces cours pour approfondir ma compréhension des œuvres que j’interprète. Mais au fur et à mesure de mon apprentissage, je me passionne de plus en plus pour la composition. Dans quelques années, il n’est pas exclu que je me lance dans l’écriture.

Quels sont vos projets ?

J’ai un concert prévu à Strasbourg au mois d’octobre dans le cadre de la saison Piano au Musée Würth. J’envisage également de participer à d’autres concours car ils constituent un moyen privilégié pour se faire connaître. La chose importante pour moi est de jouer le plus possible.

 


haut de page